jeudi 28 juin 2007

Spécial copinage

Compagnie Bel Ami 1, Place des Tilleuls 38000 Grenoble Tél. 04 76 01 93 11 compagnie.belami@wanadoo.fr

SPECTACLE : Musique et Conte-Théâtral


L’homme qui plantait des arbres

J.GIONO / J.S. BACH
(© Editions Gallimard)

    
    Sur les chemins de Haute Provence, un acteur, un musicien et son violoncelle jouent la passion d'un berger qui par delà les deuils et les guerres et dans une solitude totale, consacre sa vie à planter des arbres jusqu'à en recouvrir tout le pays et lui redonner vie.
Sur scène un violoncelliste, un comédien.
Par jeu, puis emporté par l’histoire, le violoncelliste et l’acteur deviennent complices créant un dialogue entre musique et texte et nous font voyager de Bach à Giono.

Le texte de J.GIONO et les Suites pour Violoncelle Seul de J.S.BACH se croisent comme deux torrents qui se rejoignent.


La Presse : _ « …Gilbert Dombrowsky est un prodigieux diseur de merveilles. Avec la fausse naïveté d’une voix très bien posée et une mise en scène d’Alain Bridonneau propre à capturer tous les regards,il nous a restitué avec beaucoup d’émotion cette caresse d’astre, ce petit chant du Monde. Avec eux on a ressenti la rondeur et l’immensité du ciel, le craquement des branchages dans la forêt, le grondement du vent et la foi indéracinable de l’homme... » (Georges Zeitoun, critique théâtral au Dauphiné Libéré)

_ «…Fruit du hasard et de la rencontre de deux talents, L’Homme qui plantait des arbres, présenté par la Compagnie Bel Ami fait partie de ces spectacles que l’on ne peut voir sans en ressortir un peu changé. Porteur d’espoir à une époque où notre société en manque tant, ce concert spectacle nous livre une fraîcheur et une émotion rare. » (Vaucluse Matin)

_ « Le spectacle est simple et riche à l’image du très beau texte de Giono…Gilbert Dombrowsky fait preuve d’un talent certain, sachant mettre en valeur un texte,le servir avec la finesse et la pudeur requise, dialoguant subtilement avec le violoncelle chaleureux de Pascal Gessi… La Compagnie Bel Ami nous a offert là une heure savoureuse. » (Dauphiné Libéré)  
 
Pascal GESSI : Le Violoncelliste
Premier prix du Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon
Violoncelle solo à l’Orchestre de Grenoble
Diplômé d’honneur de l’Académie Internationale de Turin
Membre de l’orchestre Musiciens du Louvre-Grenoble  dirigé par Marc Minkowski et Mirella Giardelli

Gilbert DOMBROWSKY : Le comédien 
_ A joué au théâtre avec : J. WEBER, A. FARAOUN, J. BOEUF, M.G. SANSONNE
_ Au cinéma avec : TRUFFAUT, PLANCHON, SAUVAGEON
_ Rôle principal dans des pièces de MOLIERE, Victor HUGO, IONESCO, MAUPASSANT, VINAVER, PONSON du TERRAIL et GIONO
_ A enregistré une quinzaine de romans pour des maisons d’édition. 

Fiche technique durée : 75 mn. ; espace 3mX2m
 
Tarif  : 1850 € TTC 3400 € TTC si deux représentations le même jour Plus transport et hébergement


Le spectacle peut être joué dans des appartements, des théâtres, des granges, des salles de conférence ou bibliothèques avec une acoustique de qualité . Public à partir de 14ans .


P.S. Extraits des derniers articles _: «  Cette épopée rustique _ un texte qui redonne confiance, un texte anti-résignation_ est transcendée par la musique de Jean Sébastien Bach. Grâce au brio de Pascal Gessi, le violoncelle devient le chant grave et digne de la sérénité du monde paysan. Le musicien considère que « le texte de Giono joue tellement avec les images de la nature, qu’avec le violoncelle, on peut par des clins d’oeil s’évader dans la poésie. Le violoncelle a une texture qui crée un rapport avec la voix humaine, en particulier avec la voix chaude du comédien ». Admirablement servi par Gilbert Dombrowsky, duquel émane une exaltation intérieure à la fois contenue et passionnée qui donne à l’esprit du texte toute sa profondeur ; le violoncelle est totalement en phase. Tantôt lugubre quand il évoque la mort, tantôt plein d’allégresse pour annoncer la renaissance de la nature et de la vie. Simple mais fort ce spectacle est un grand bol d’air pur. » Claudette Genin ( Le Dauphiné Libéré )

_: « L’interprétation de Gilbert Dombrowsky accompagné de Pascal Gessi pour la musique est spirituelle et mystique à la fois. Sublime, elle nous laisse après le spectacle encore plein d’images ensoleillées. » Fred Lee ( Le Dauphiné Libéré )

mardi 26 juin 2007

Acrostiches

Acrostiche à Toi


Genève ni Java, jamais je n’y vais ; juste en
Italie où Les Litanies de Locatelli lèvent mes
Lèvres vers mon ciel : Elle,
Belle, ma barbare à bicyclette
En roue libre se la roule douce.
Règne, Amore ; de ton rire j’ai la fièvre, tendre Rossana;
Toi, ta…tes…ton… j’y tiens .Ton toqué de Toi.

Gilbert Dombrowsky décembre 2006

La Pomme et Francis Ponge

POMME

Pomme, petite pomme, pommette des petiotes, quelques caresses et tu brilles.
Quand Ta peau tendue et lisse miroite la lumière : Ainsi l’eau d’un lac que rien ne perturbe lorsque le soleil du soir s’y regarde une dernière fois.
Si ta peau un brin grumelle sur une pulpe ferme : Ainsi la soie mouillée se moule sur des chairs pleines et rondes que l’eau froide a fait chair de poule.
Lorsque ta peau se dénoue, douce sucrée ou acide ta pulpe appelle la bouche : Ainsi l’étoffe qui glisse en tourbillons.
Voici le cœur ; voila les pépins
Mais foin de la Discorde, des Hespérides ou d’Adams quand on t’implore en frissonnant s’entendent les premières notes d’une musique entêtante : Popopopome !

Gilbert Dombrowsky
Octobre 2006

Sonnet à la manière de Queneau cent mille milliards de poèmes

LE SONNET

Mon père, déjà jeune, il remontait le Tage
Pour fuir sa famille son parc et sa maison
Qui depuis trop longtemps semblaient une prison
Et où toute pensée sentait le marécage.

« Je me souviens trop bien de cette belle cage
Où je devais marier, obligé, la Louison,
Fille de grand notaire et de bonne raison
Quand j’aurais dû vivre dans un petit village.

Loin je voulais partir, loin vers d’autres cieux,
Ne plus jamais croiser les révérencieux,
Lorsqu’il devint urgent de briser la routine.

Qu’il fut léger, qu’il fut bleu l’air de ce matin
Où j’embarquais plein de confiance et d’entrain
_ Ah fils, enfin courir sur la grève argentine ! ».

Gilbert Dombrowsky
décembre 2006

Fables

Le Moustique et L’Ours blanc

On n’a jamais besoin d’un bien plus grand que soi
Et à toujours vouloir vivre en sécurité
Un jour ou l’autre il vous le fait payer ;
Pour un oui pour un non vous serez balayés.
Sous sa forte bannière, fier, Droit,
vous aimiez marcher, hier ;
Demain, vous arpenterez seul votre chemin de croix ;
Peut-être aussi celui de votre liberté.

Lilliputien Moustique sous un poil d’ours caché
Faisait bon gîte et bonne chère Dans la fourrure du Seigneur des étendues glaciaires.
_ « Tu me débarrasseras de mes parasites. _ Oui, Maître. _ Tous les poux puces punaises et
tiques. _ Bien, Maître _ Sans oublier les bactéries et les champignons. _ Pardon, Maître, mais... _
Tais-toi et débrouilles-toi. _ Bien sûr, Maître. _ Et quand je verrai l’Homme s’approcher, toi et les
tiens, vous vous ruerez sans pitié, lui ferez aveuglante nuée et moult irritants agacements ( pour ça à merveille vous vous y entendez ) aussi longtemps qu’il n’aura pas tourné les talons. _ Oh,
oui, oui Maître. »
Notre Moustique se sentait grand d’être sous son bras ;
Se croyant plus grand encore, répétait à tue-tête
Qu’il vaut mieux être dans la queue du Lion que dans la tête du Rat
Quand il ne faisait que bien répéter ce que tous les siens répètent
Depuis lointaine lurette.
« En attendant fais-moi rire, Bouffon,
Picote-moi sous les bras. »
Allègre, Seigneur Ours dandinait un menuet.
« Ah, Banquise, amie d’éternité - dit-il à sa complice-
Des moustiques j’en ai écrasés par milliers,
Autant au casse-pipe face aux Hommes j’en ai envoyés
Et dès que je leur ouvre les bras, à nouveau
Se précipitent y prendre vivres et asile.
Si je leur accorde un sourire, une singerie à leurs petits, une médaille pour leurs braves,
Les voila toute la nuit caquetant
Et reconnaissantement sur mes flancs
Bavent.
Un mien ami en Aquitaine dit
Qu’on y parle beaucoup de La Servitude Volontaire ;
Certes !
... Oh ,du calme là-dessous _ Moustique prenait ses aises _.
Vous leur autorisez un poil,
Ils prendraient toute la fourrure ! ».
Seigneur Ours est fort chatouilleux sur le soupçon, la confiance et la trahison ;
En alerte, notre plantigrade parano mais presque, ne s’en laissa point conter.
Pour moucher l’impertinent moucheron,
Dans sa superbe, il attaque un plongeon.
Avant de tomber dans l’eau glacée
Moustique eut juste le temps de serrer ses hardes
Et le voila livré au hasard,
Aux grands vents et au blizzard,
Aux caprices de la camarde.
Seigneur Ours remonta sur la banquise en baîllant :
« Celui-là, il devenait un peu trop bruyant. »

Gilbert Dombrowsky décembre 2006

samedi 23 juin 2007

A la manière de La Salade de Ronsard

Il faut, c’est sûr, une patiente nature
Pour se lancer dans pareille aventure.
Vos invités arrivent vers treize heures ?
Prenez soin d’enfourner à six heures !

Votre four, vous devez préchauffer
A thermostat deux cents degrés.
Dans votre plat aux dimensions,
Déposez-y sans précaution
Le gros cuisseau, salé, aillé,
Que vous vous gardez de piquer.
(Pensez aussi : ne pas huiler)

Je vous le dis en confidence :
Stockez du blanc en abondance,
(Nul besoin de vous en faire
Un Savoie blanc fera l’affaire)
Car vous aurez à arroser,
Vous le ferez comme je dirai.

Maintenant que le four est chaud,
Introduisez votre gigot.
(Notez : réduire la chaufferie.
Baissez d’un tiers, je vous en prie.)

Les débuts sont sans odeur,
Vous n’observez qu’une couleur.
(La teinte est rouge brune, celle du sang séché
Qui résulte de l’écorché ;
Le rose à l’intérieur reste caché)

Laissez saisir une demie d’heure,
Gigot s’installe avec bonheur.
(Pendant ce temps, vous, vous vaquez,
A tout vos petits commerces privés :
Vous vous lavez, vous vous prenez un bon café,
Vous vérifiez que le soleil s’est bien levé…)

Le minuteur vient de sonner.
Vous entrouvrez, longues cuillères
De votre vin vous remplissez
Que sur la bête vous versez.
(L’équivalent d’un verre).
Chaque quart d’heure, recommencez.

Il est dix heures ! Votre gigot,
En plus du vin, produit du jus,
Que dans un bol vous réservez.
(Le garder tiède pendant une heure)

Onze heures ! Quand sonne minuteur,
Faites donner le romarin.
(Vous raclez doux
Dos de la peau sans déchirer.)

Onze heures quinze !
Votre cuisine sent la Provence !
Jusqu’à midi thermostat cinq,
Mon dieu, que soient béni
Les éleveurs de Sisteron !

Douze à treize heures, jus réservé
Mêlé au vin, en quatre apports,
Pas un de moins…

Treize heures. Vous arrivez enfin au Port.
Couvrez le plat, laissez au chaud.
(N’oubliez pas d’éteindre four)
Vos invités seront surpris,
Qu’à côté de leurs assiettes,
Ils ne trouvent point de fourchettes,
Mais de toutes petites cuillères, nécessaires,
Pour détourer comme un Mont-d’Or,
La moelle d’un os, voire un sorbet
A la fraise, ou encore une glace aux airelles.

Bon appétit, mes zamis ! (Si toutefois c’est réussi…) Jean-Luc Vertz